La jalousie

La jalousie est une émotion complexe et un sentiment « naturel » lié à l’amour.

« L’amour fait naître la jalousie mais la jalousie fait mourir l’amour. » (Christine de Suède)

Ce sentiment nait du désir de posséder l’autre (dépendance affective) et donc de la peur de le perdre. C’est un mécanisme de défense où celui qui la développe a besoin de posséder son partenaire.

Il faut différencier la jalousie ordinaire que chacun peut ressentir quand il se sent en danger dans sa relation de couple et la jalousie pathologique qui peut être une véritable arme de destruction.

La jalousie devient pathologique lorsqu’elle :

- Est récurrente

- Amène un excès d’agressivité

- Est l’objet de pensées obsessionnelles compulsives.

 Selon certains psychiatres, la jalousie relève d’une certaine forme de paranoïa et la grande difficulté avec les personnes paranoïaques est qu’elles considèrent ne jamais avoir tort !

« La jalousie aveugle un cœur atteint et, sans examiner, croit tout ce qu’elle craint. » (Pierre Corneille)

Aussi, les jaloux fuient souvent leurs responsabilités face à la satisfaction de leurs besoins ; ce qui les amène à éprouver une insatisfaction permanente dans leurs relations aux autres.

 

Les différentes causes possibles sont :

- une insécurité affective de base (liée à un manque de marques d’attention et d’amour dans l’enfance).

- Un manque d’estime de soi (considérant qu’on n’est alors pas digne d’être aimé)

- Un traumatisme dans l’histoire familiale (ex : tromperies au sein du couple parental)

- Pour Freud, cela pourrait être aussi, une projection de ses propres désirs d’infidélité

- Dans les cas les + graves, une paranoïa sous-jacente (avec le risque de devenir violent au moindre signe extérieur qui attise son insécurité existentielle).

La jalousie est une perte de contrôle émotionnel qui est donc vraiment ancrée dans l’histoire personnelle et infantile de l’individu jaloux. Cependant, le rôle du partenaire peut dans certains cas être déclencheur ou au contraire, inhibiteur … En effet, la jalousie sera vite exacerbée par un partenaire facilement culpabilisé, ayant peu confiance en lui, cherchant à se justifier au moindre reproche. En développant ce type de comportement, le partenaire se désigne comme coupable et donc comme victime de la personne jalouse et c’est là que peut s’installer un véritable jeu « sadomasochiste ». Lorsque ce mécanisme est en place, la situation peut très vite devenir invivable pour les 2 partenaires.

Le jaloux peut induire des sentiments d’étouffement voire d’intrusion chez la personne qu’il aime et donc finir par provoquer ce qu’il redoutait tant. L’autre peut avoir envie de se tourner vers des horizons nouveaux ou au contraire, s’isoler complètement du reste du monde. Mais même dans cette configuration, le jaloux n’est pas encore rassurer et se pose d’autres questions : « il n’a pas l’air heureux avec moi, il pense à quelqu’un d’autre ?, … »

 

Voici quelques clés pour s’en sortir :

- chercher les motifs personnels de sa jalousie

- identifier ses besoins insatisfaits et les frustrations affectives qui les alimentent - reconnaître ses responsabilités

- décoder la peur

- sortir d’un état de dépendance affective grâce à un travail sur l’autonomie dans une recherche d’un épanouissement personnel.

Pour y arriver, l’aide d’un thérapeute s’avère souvent nécessaire car la personne peut manquer de lucidité face à la réalité et avoir tendance à minimiser sa responsabilité.